18 millions de personnes meurent chaque année de maladies cardiovasculaires. Pour intervenir avant l’apparition des symptômes, il devient essentiel de suivre des indicateurs capables de signaler les premiers signes de fragilité vasculaire. Parmi eux, la fonction endothéliale joue un rôle central, car elle se dérègle très tôt au cours du développement de nombreuses pathologies cardiovasculaires.
1. Comprendre la fonction endothéliale

L’endothélium est une fine couche de cellules qui tapisse l’intérieur de tous les vaisseaux sanguins. La fonction endothéliale regroupe l’ensemble des mécanismes par lesquels l’endothélium régule la santé vasculaire. Elle contrôle par exemple le tonus des artères, l’équilibre entre coagulation et fluidité du sang, la perméabilité des parois vasculaires, la régulation de l’inflammation, etc. Elle joue ainsi plusieurs rôles essentiels pour le fonctionnement du système cardiovasculaire.
Lorsque ces mécanismes deviennent moins efficaces, on parle de dysfonction endothéliale. Cette altération apparaît souvent avant les premières plaques d’athérosclérose, et bien avant les infarctus ou les accidents vasculaires cérébraux. C’est donc un marqueur utile pour repérer tôt les personnes à risque et orienter une prise en charge préventive.
2. Mesurer la fonction endothéliale de manière non invasive
Pour évaluer la fonction endothéliale, on utilise un protocole appelé ‘hyperémie réactive’. Il consiste à placer un brassard de pression artérielle autour du bras et à le gonfler durant environ trois minutes afin de bloquer temporairement le flux sanguin. Au moment du relâchement du brassard, le sang afflue brusquement dans les artères du bras. Ce retour soudain génère un stress mécanique sur l’endothélium, ce qui stimule la libération de molécules vasodilatatrices. L’artère se dilate si l’endothélium fonctionne correctement. Si la réponse est faible, cela suggère une altération de la fonction endothéliale.
Ce protocole ne nécessite aucune injection ni intervention invasive. Il repose sur une réaction physiologique naturelle, ce qui en fait un outil simple et sûr.

3. Échographie et thermographie : deux approches pour une même information

L’échographie vasculaire est aujourd’hui la méthode de référence pour mesurer la dilatation de l’artère brachiale ou radiale après hyperémie. Elle permet d’observer directement le diamètre de l’artère avant et après la libération du brassard. Cette technique reste toutefois difficile à appliquer en pratique, car elle dépend étroitement de l’expérience de l’opérateur, du positionnement exact de la sonde et du maintien stable sur le même segment artériel. Elle nécessite aussi un équipement coûteux.
Pour rendre cette mesure plus accessible, nous utilisons une caméra thermique. Ici, nous n’observons pas directement l’artère radiale ou brachiale mais la variation de température au niveau de la main. Le retour du flux sanguin après l’occlusion provoque une augmentation de la température cutanée. La dynamique de ce réchauffement fournit une information précieuse sur la réponse vasculaire.
Dans notre phase de recherche et développement, nous enregistrons simultanément l’échographie et la thermographie sur un groupe varié comprenant des personnes en bonne santé et des patients atteints de maladies cardiovasculaires. Cela nous permet de comparer les deux approches et d’identifier les paramètres thermiques les plus représentatifs de la fonction endothéliale. L’objectif est ensuite de s’appuyer uniquement sur la caméra thermique, une fois ces paramètres validés.
4. Synergie entre bracelet, thermographie et analyse IA
Dans le cadre du projet vasculAI, nous combinons les mesures du bracelet et les données issus de la caméra thermique. Cette combinaison permet de croiser les informations physiologiques obtenues par différentes méthodes et d’obtenir une évaluation plus complète de la santé cardiovasculaire.
Les données collectées alimentent ensuite une analyse par intelligence artificielle, capable d’identifier différents profils de réponse, de préciser le suivi vasculaire et de faciliter la détection précoce d’altérations par le personnel de santé. L’objectif est de rendre l’évaluation de la santé vasculaire plus simple, plus accessible et adaptée à un suivi régulier dans une démarche préventive, ce qui constitue le cœur du projet VasculAI.








